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A Corps perdu, Accord perdu, Accort perdu.

Au quotidien, dans l’accompagnement, la toilette, le soin, la relation, la socialisation des personnes âgées, les questions sur le corps interpellent les professions de proximité — aides-soignants, aides à domicile, agents de service, infirmières et toutes les autres — à travers le désordre, la pesanteur, le déclin, la surprise parfois qu’offrent les corps et l’histoire dont ils témoignent.

Cette relation de l’homme à son corps est à « corps perdu » à plus d’un titre. « A corps perdu », c’est le pari de l’humain par le seul fait de vivre et d’y mettre en jeu son corps. Il engage sa vie, forcément à corps perdu, même si c’est parfois avec un peu de retenue. Dans cette aventure, le corps est ce partenaire de toujours, s’usant sur les aspérités de la vie, jusqu’à la fin.

Et ce corps a répondu toujours présent, incarnant une femme ou un homme, s’usant aux épreuves de la vie ! Quelle relation harmonieuse ce pouvait être entre lui et l’être qui l’habite encore aujourd’hui ! Que le voilà maintenant maladroit, empêtré dans cet « accord perdu » entre ce que désire et aimerait la personne et l’expression hésitante de son corps vieilli !

Etait-il inconscient cet être qui se croyait immortel et qui mettait ce jeune corps à son service et sans vergogne ? Ce corps est devenu si différent, plus forcément séduisant. Forcé de se plier aux fragilités de son corps, voilà que l’être devenu mortel doit se faire accort malgré tout : accort à corps perdu ! Avec résignation ? Ou avec une sagesse toute nouvelle ? Nous allons tenter de décliner au long de cette journée les multiples facettes du rapport de l’être humain à son corps : évidence et complexité de ce rapport, relation de ce corps à l’autre qui accompagne, regard des encadrants sur un corps objet de soins… Explorer ces questions sera peut-être l’occasion de rencontres imprévues et inattendues, rencontres de sujets avec leur propre corps ou celui des autres.

Programme

(Publié le 31 janvier 2015)
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